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Le débat sur le petit train — gadget ou vrai raccourci ?

Le débat sur le petit train — gadget ou vrai raccourci ?

Ce qui divise les voyageurs

Le petit train touristique — le petit train routier qui part du Vieux-Port et monte vers Notre-Dame de la Garde en passant par Le Panier — est l’un de ces dispositifs de voyage qui polarisent les gens d’une façon particulière. D’un côté, des voyageurs qui l’ont emprunté et l’ont trouvé efficace et agréable. De l’autre, des voyageurs qui y voient une concession embarrassante à la paresse touristique et préfèrent monter à pied. Les deux positions sont défendues avec plus de conviction que le sujet ne le mérite.

Nous avons pris le petit train. Nous avons aussi marché. Nous avons aussi pris le bus. Nous avons des avis sur les trois et nous sommes prêts à les partager par ordre décroissant de nuance.

Ce qu’est vraiment le petit train

Le petit train n’est pas un train. C’est un véhicule routier — un tracteur électrique ou diesel tirant deux ou trois wagons fermés — qui circule sur la voie publique entre le Vieux-Port et Notre-Dame de la Garde en passant par Le Panier. Il y a un commentaire (en plusieurs langues, via écouteurs), l’itinéraire dure environ 45 minutes à une heure selon les arrêts, et le prix est d’environ 12–15 EUR par adulte pour le circuit Notre-Dame, environ 8–10 EUR pour le seul circuit Panier.

Il part du Quai des Belges à l’extrémité est du Vieux-Port, emprunte brièvement la route côtière, serpente dans les rues derrière le Vieux-Port vers Le Panier, continue jusqu’à Notre-Dame et revient par le même itinéraire. L’accès aux rues est identique aux rues que les piétons peuvent utiliser ; le petit train n’emprunte pas d’itinéraire exclusif.

Les arguments pour

La montée vers Notre-Dame de la Garde n’est pas anodine. Depuis le Vieux-Port, l’itinéraire pédestre direct implique 162 mètres de dénivelé positif, pour la plupart sur des rues exposées dans la chaleur du sud de Marseille. En juillet ou août, cette marche est réellement éprouvante en milieu de journée. En septembre, elle est gérable mais chaude. Pour les visiteurs plus âgés, les visiteurs souffrant de problèmes de genou, les familles avec des enfants dont l’enthousiasme pour la randonnée s’est émoussé à 11 h, et les passagers de croisière disposant d’une escale de quatre heures qui ont besoin d’efficacité, le petit train convertit un obstacle en une expérience de 45 minutes.

Le commentaire est adéquat sinon inspiré. La section du Panier de l’itinéraire passe dans des ruelles assez étroites pour que le train les négocie à un rythme permettant une vraie observation de l’architecture du quartier. De l’intérieur du wagon, en regardant les bâtiments du Panier, on a une perspective au niveau de la rue que la fenêtre d’un bus ou d’une voiture ne donne pas.

Les arguments contre

La marche vers Notre-Dame est excellente. L’approche par le sud depuis la Corniche, ou l’itinéraire plus direct à travers les rues résidentielles au sud du Vieux-Port, passe par des quartiers que le petit train ne fait pas. La position en altitude de Notre-Dame signifie que la marche vers elle devient de plus en plus spectaculaire à mesure qu’on monte — la baie apparaissant par étapes, les îles du Frioul se précisant, l’échelle de la ville en dessous qui change. Cette expérience, qui nécessite de marcher, compte parmi les meilleures promenades urbaines de Marseille.

Le Panier vu de l’intérieur d’un wagon de petit train est une version comprimée du Panier que l’on parcourt à pied. Les ruelles sont étroites, la vitesse est lente, mais le wagon crée une séparation du quartier que la marche élimine. On observe plutôt qu’on ne participe.

Il y a aussi une qualité de conscience de soi dans le petit train que certains voyageurs trouvent inconfortable — le véhicule touristique évident dans une ville dont l’attrait tient en partie à sa résistance à l’orientation touristique. C’est moins important que les puristes ne le suggèrent, mais ça existe.

Notre verdict

Le petit train a du sens pour : les familles avec de jeunes enfants ou des proches plus âgés pour qui la montée serait difficile, les passagers de croisière avec un temps limité qui ont besoin de rejoindre Notre-Dame efficacement, les visiteurs véritablement épuisés en fin d’après-midi, et les personnes pour qui le commentaire est un contexte utile.

Il n’a pas de sens pour : les adultes en bonne santé disposant de deux jours ou plus à Marseille et du temps de marcher, les visiteurs dont l’intérêt principal est le caractère de quartier du Panier (marchez plutôt), et quiconque visite dans les mois plus frais (printemps et automne) quand la montée à pied est vraiment agréable.

Le bus 60 depuis le métro Castellane est le compromis de transport : il va directement à Notre-Dame, coûte 1,70 EUR, passe régulièrement, et offre la vue sur la colline depuis une fenêtre de bus normale. C’est moins atmosphérique que la marche et moins confortable que le petit train, mais c’est un vrai transport qu’utilisent les Marseillais.

La position honnête

Le petit train n’est pas un gadget. C’est une solution de transport pour un ensemble de conditions spécifiques (la côte, la chaleur, le temps limité) qui est parfois suremployé par des visiteurs qui n’ont pas réfléchi à si ces conditions s’appliquent à eux. Bien utilisé, il est efficace. Employé par défaut — comme rituel touristique plutôt que comme choix réfléchi — il produit une version de la visite à Notre-Dame plus mince que l’alternative.

Notre conseil général : si vous pouvez marcher, marchez. La montée récompense l’effort d’une séquence de vues que le petit train ne peut pas reproduire. Si vous ne pouvez pas monter la côte, ou si les conditions (chaleur estivale, temps limité, besoins familiaux) s’y opposent, prenez le petit train sans culpabilité. Il fait ce qu’il dit.

Notre-Dame elle-même

Un dernier point qui se perd parfois dans le débat sur le transport : Notre-Dame de la Garde est excellente quel que soit le moyen d’y accéder. La basilique romano-byzantine au point culminant de Marseille est gratuite, l’intérieur est couvert d’ex-votos — les actions de grâce laissées par des marins, des pêcheurs et des voyageurs sur un siècle et demi — et le panorama depuis la terrasse est l’un des meilleurs points de vue urbains de France.

Depuis la terrasse, on voit toute la baie de Marseille — les îles du Frioul avec le Château d’If visible, les pétroliers à l’horizon, la crête calcaire des Calanques au sud-est, le port industriel au nord, et l’étendue de la ville en dessous dans toute sa complexité non-performée. Quelle que soit la décision de transport pour monter, prenez le temps sur la terrasse. C’est la réponse correcte à la vue.

La basilique est ouverte tous les jours de 7 h à 19 h (jusqu’à 20 h en été). Entrée gratuite. Le code vestimentaire s’applique à l’intérieur (épaules et genoux couverts). La Vierge dorée sur le clocher, haute de 11 mètres et visible depuis la mer, est en réalité recouverte de feuilles d’or — la spécificité fait partie de ce qui la rend efficace comme repère. Les ex-votos à l’intérieur de l’église, laissés par des marins qui ont survécu à des tempêtes en mer et des mères qui croyaient que leurs fils étaient rentrés grâce à des prières adressées dans cette basilique, rappellent que Notre-Dame de la Garde n’est pas avant tout une attraction touristique. Elle est le repère spirituel de la ville depuis bien plus d’un siècle. Les touristes en sont la partie récente.

Informations pratiques

Le circuit du petit train prend environ 45 à 60 minutes, boucle du Panier et arrêt à Notre-Dame compris. Si vous souhaitez plus de temps à Notre-Dame elle-même (la vue depuis la terrasse justifie au moins 20 à 30 minutes), prévoyez le trajet retour séparément — le petit train ne vous laisse pas toujours le temps au sommet que la visite mérite.

La descente à pied depuis Notre-Dame — à travers les rues résidentielles du 7e arrondissement vers la Corniche et le Vallon des Auffes — est une très bonne façon de rentrer. La descente prend 30 à 40 minutes à un rythme tranquille et passe par les quartiers résidentiels sud plus calmes que l’itinéraire touristique habituellement ne couvre pas. C’est l’itinéraire que nous empruntons généralement quand nous le pouvons.

Le guide Notre-Dame de la Garde couvre la colline, la basilique et la vue en détail. Le guide Marseille couvre les options de transport à travers la ville. Notre plan pour l’escale croisière traite spécifiquement de la visite sous contrainte de temps.