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Journal de la saison de la lavande — une semaine sur le plateau de Valensole

Journal de la saison de la lavande — une semaine sur le plateau de Valensole

Arriver avec des attentes

Les photos du plateau de Valensole sont partout en ligne — celles avec les rangées violettes qui s’étendent jusqu’à l’horizon, une ferme solitaire, un seul cyprès, et personne d’autre. Ces photos existent. Elles demandent un drone, une lumière matinale très particulière fin juin, et soit une chance extraordinaire soit une patience extraordinaire. Elles ne représentent pas à quoi ressemble le plateau à 10 h un samedi de juillet. Ce à quoi ça ressemble vraiment, c’est un parking entouré de champs de lavande et une file de gens qui essaient d’obtenir la photo qui n’a pas de file dedans.

Nous avons accepté cela le premier matin de notre semaine dans la région en juillet 2024. Une fois que nous avons fait la paix avec la réalité — que la saison de la lavande est une expérience partagée, pas solitaire — la semaine est devenue tout autre chose.

Quand la lavande fleurit

La floraison de pointe sur le plateau de Valensole se produit généralement de fin juin à mi-juillet. Le calendrier précis varie selon les années — un printemps chaud la pousse plus tôt, un juin frais la retarde — et la seule source fiable, c’est les offices de tourisme et les lavandiers eux-mêmes, pas le générique « de mi-juin à mi-juillet » qui apparaît dans les guides y compris le nôtre.

En 2024, nous sommes arrivés le 1er juillet pour trouver des champs au pic de couleur. Le 7 juillet, les premiers champs (ceux avec le plus d’ensoleillement, légèrement en altitude inférieure) commençaient à virer au bronze aux pointes. Les champs frais, exposés au nord, au-dessus de Puimoisson étaient encore brillants. Le plateau ne fleurit pas uniformément ; vous pouvez regarder un champ au pic de violet et un champ déjà passé juste à côté.

La conclusion : visez la première semaine de juillet. Si vous pouvez étendre le voyage fin juin, faites-le. Mi-juillet est généralement trop tard.

Le plateau à différentes heures

Les photos demandent le petit matin, et ce n’est pas seulement une question de photographie. Le plateau avant 8 h est vraiment différent du plateau à 11 h. Les fleurs sont humides de rosée. L’air sent si fort la lavande que c’est brièvement désorientant. Les abeilles — il y en a toujours ; elles sont essentielles à l’écologie et à la production du miel de lavande — commencent leur travail. Un tracteur bouge peut-être dans un champ lointain. La lumière est basse et latérale, et la couleur du violet est à sa saturation maximale.

À 10 h, les voitures arrivent. À 11 h, les champs en bord de route près du village de Valensole sont cerclés de photographes. À 14 h, l’odeur de crème solaire s’est mêlée à celle de la lavande. À 16 h, la lumière est haute et dure et les fleurs ont l’air légèrement délavées.

Allez-y à 7 h. Restez deux heures. Revenez à 19 h pour la lumière dorée.

Où nous avons logé

Nous nous sommes installés à Moustiers-Sainte-Marie, à 20 kilomètres du plateau et l’un des plus beaux villages de Provence. Le choix était délibéré : rester dans le village de Valensole ou près du plateau signifie que les foules de la lavande sont votre voisinage immédiat. Rester à Moustiers vous met dans un paysage différent — les falaises, les cascades et la proximité des Gorges du Verdon — et vous conduisez jusqu’au plateau pour le matin, puis vous vous retirez.

Moustiers début juillet 2024 était fréquenté mais pas débordé. Le village est assez petit pour que les foules se dispersent rapidement dès que vous quittez la rue principale, et les deux restaurants où nous avons mangé étaient vraiment excellents — cuisine provençale au niveau qui justifie le déplacement.

Au-delà de Valensole

Le plateau est le point de concentration mais la lavande est partout en haute-Provence. Le plateau de Sault (légèrement plus élevé, floraison légèrement plus tardive, nettement moins fréquenté) est une alternative que les photographes et les amateurs de lavande avec un calendrier flexible préfèrent. La route entre Sault et Aurel le long de la D30 offre des lignes droites de lavande avec des montagnes en arrière-plan et une fraction des foules de Valensole.

La distillerie à Sault (L’Occitane exploite l’une des principales distilleries de lavande de la région ; de plus petites opérations gèrent les leurs) propose des visites d’usine pendant la saison de récolte. Le processus d’extraction de l’huile essentielle, qui implique d’énormes alambics en cuivre et l’arôme de lavande le plus intense que nous ayons jamais connu, vaut bien une heure.

Les villages du Luberon, à une à deux heures à l’ouest, s’associent naturellement à une semaine lavande. Gordes, Roussillon, Lourmarin — tous à une demi-journée de voiture, tous qui méritent leur propre temps. Notre article sur les marchés de Provence couvre en détail le marché du samedi à Lourmarin.

La conversation honnête sur les foules

Disons-le clairement : le plateau de Valensole en haute saison est bondé. Pas de la façon dont Paris est bondée, ou Rome en août, mais bondé de la façon dont un phénomène naturel spécifique avec une fenêtre de floraison étroite et un attrait visuel universel est toujours bondé quand il devient largement connu. C’est la réalité de la saison de la lavande en 2024.

La réponse n’est pas d’éviter. La réponse est de structurer la visite autour des foules : les petits matins, les fins d’après-midi, les jours de semaine, les champs du plateau loin de la route principale. Il y a des champs sur les routes secondaires au sud du village de Valensole qui sont tout aussi beaux que ceux qui sont photographiés et nettement moins occupés. Dépassez les trois premiers champs en bord de route avec les bus de tourisme, continuez, et trouvez la piste qui mène au centre du plateau.

L’odeur

Nous avons tourné autour de ça parce que ça ressemble à de la prose violette, mais l’odeur de la lavande au pic de la floraison est véritablement extraordinaire d’une façon que les photos ne peuvent pas capturer. On la sent depuis la voiture avant de pouvoir voir la couleur. À 7 h du matin dans un champ sans personne d’autre, l’odeur ne ressemble pas aux produits à la lavande. Elle ressemble à l’origine des produits à la lavande — envahissante, herbacée, sucrée sans être étouffante, légèrement médicinale de la façon dont les bons paysages du sud de la France le sont parfois.

C’est l’odeur qui reste. Nous avons décrit la saison de la lavande à des gens qui n’y sont pas allés et l’odeur est toujours ce qu’ils ont du mal à imaginer. La couleur, les photos, l’inventaire des réseaux sociaux — tout ça est imaginable. L’odeur demande d’y être.

Se rendre à Valensole depuis Marseille

Le plateau est à environ 1 heure 15 à 1 heure 30 de Marseille en voiture, selon le trafic et l’itinéraire. Il n’y a pas de transport en commun pratique vers le plateau. Une voiture est obligatoire.

Plusieurs opérateurs proposent des tours guidés d’une journée depuis Marseille qui comprennent le transport, un guide et plusieurs arrêts sur le plateau et en distillerie — une option utile si vous préférez ne pas conduire. Les tours depuis Marseille partent généralement tôt et reviennent en début de soirée, ce qui est suffisant pour l’expérience essentielle du plateau et de la distillerie. Vérifier les heures de départ : les bons opérateurs partent à 7 h 30 ou 8 h ; les tours d’après-midi seulement ratent le meilleur du plateau du matin.

Depuis Aix-en-Provence, le trajet jusqu’au plateau est légèrement plus court. L’excursion lavande d’une journée depuis Aix est également une option bien organisée pour les visiteurs basés dans la ville.

Le verdict de la semaine

Une semaine était la bonne durée. Trois jours sur le plateau auraient été deux de trop, mais répartis sur la semaine avec des excursions à Moustiers, aux Gorges du Verdon, au plateau de Sault et une longue boucle à travers le Luberon, la semaine a bien tenu la balance. La lavande était au pic pendant environ quatre des sept jours, ce qui semblait la bonne proportion — suffisamment pour être la pièce maîtresse de la saison, pas au point de devenir répétitif.

Nous reviendrons. Peut-être pour la distillation, que nous avons manquée (elle se passe mi-juillet quand la coupe commence). Peut-être pour le plateau de Sault une année où la floraison est plus tardive. Peut-être parce que Moustiers mérite une autre visite et que les Gorges du Verdon restent l’un des plus beaux paysages de France. La lavande est la raison de programmer un voyage en Provence ; le reste de la région est la raison de le prolonger.

Pour la planification, le guide Moustiers est le point de départ pratique. Les Gorges du Verdon sont couvertes dans nos guides régionaux. Les excursions depuis Marseille, y compris les options lavande, sont détaillées dans notre guide des excursions.