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Navettes et douceurs locales : la tradition confiserie de Marseille

Navettes et douceurs locales : la tradition confiserie de Marseille

Marseille: walking food tour with tastings

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Quels gâteaux et biscuits acheter à Marseille ?

Les navettes du Four des Navettes au 136 Rue Sainte — biscuits en forme de barque à la fleur d'oranger, cuits depuis 1781. Les chichi frégis au port de L'Estaque. Les calissons d'Aix-en-Provence si vous faites une excursion. Les panissons (biscuits sucrés aux pois chiches) sont moins connus mais valent la recherche.

Le biscuit qui dure depuis 245 ans

La navette est le souvenir comestible emblématique de Marseille — et le fait que la même boulangerie dans la même rue les fabrique depuis 1781 n’est pas du marketing mais de l’histoire documentée. Le Four des Navettes au 136 Rue Sainte, dans le 7e arrondissement entre l’Abbaye Saint-Victor et le Vieux-Port, est la plus ancienne boulangerie de Marseille et produit ses navettes à partir d’une recette passée à travers trois familles sans avoir jamais été écrite.

Ce guide explique ce qu’est vraiment la navette, ce que Marseille et sa région produisent d’autre en matière de confiserie, et où trouver l’article authentique.

Ce qu’elles sont : Les navettes sont des biscuits secs et oblongs en forme de petites barques (navette signifie « navette » ou « petite barque » en français) avec une fente sur le dessus. La saveur vient de l’eau de fleur d’oranger et d’une petite quantité d’anis. La texture est ferme et sèche — ce ne sont pas des cookies moelleux. Elles se cassent proprement et voyagent bien ; une boîte de navettes survit à un voyage retour nettement mieux que la plupart des souvenirs alimentaires.

L’histoire derrière la forme : La légende (pas nécessairement l’histoire) relie les navettes à la « barque de Béthanie » — le bateau dans lequel, selon la tradition provençale, Marie-Madeleine, Lazare et d’autres personnages du Nouveau Testament sont arrivés sur les côtes de Provence. Une statue en bois de Marie, prétendument transportée dans une barque sans équipage, est conservée dans la crypte de l’Abbaye Saint-Victor, à 200 mètres du Four des Navettes. La bénédiction annuelle de la Chandeleur le 2 février — quand l’Archevêque de Marseille vient bénir le four et les navettes — perpétue ce lien.

Le four : Le four rond du Four des Navettes a été construit en 1781 sur un modèle romain et est toujours utilisé. Le fait qu’un four vieux de 245 ans continue de produire le même biscuit est le genre de continuité que Marseille, malgré sa réputation de changement constant, maintient parfois.

Où acheter : La seule adresse pour l’original est au 136 Rue Sainte, 7e arrondissement — à 10 minutes à pied du Vieux-Port ou accessible par le bus 83. La boutique est petite ; en haute saison touristique il peut y avoir une courte file. D’autres boulangeries à Marseille vendent des navettes, mais le Four des Navettes est la référence.

Prix : 8 à 15 € pour une boîte de 12 à 24 navettes selon la taille. Ce sont de vrais aliments, pas des objets décoratifs — mangez-les avec du café.

La tradition de la Chandeleur : Le 2 février, la bénédiction de l’Archevêque du four du Four des Navettes est l’ouverture formelle de la saison des navettes à Marseille. La file d’attente se forme avant l’aube. Si vous êtes à Marseille à cette date, cela vaut la peine d’être vu.

Chichi frégis à L’Estaque

L’Estaque est un quartier à la lisière nord-ouest de Marseille — une ancienne cité de pêche que Cézanne et Braque peignirent tous deux, et qui conserve un caractère portuaire plus authentique que le Vieux-Port orienté touristes. La spécialité locale est les chichi frégis : des spirales de pâte frite, saupoudrées de sucre, vendues chaudes de friteuses dans une poignée d’étals sur le front de mer de L’Estaque.

Ce qu’ils sont : Essentiellement un beignet français-méditerranéen en forme spiralée, fait d’une pâte parfumée à la fleur d’oranger qui est directement extrudée dans l’huile chaude et frite jusqu’à une couleur dorée. L’extérieur est croustillant ; l’intérieur est tendre et légèrement moelleux. Le parfum à la fleur d’oranger les relie aux navettes — les deux reflètent l’usage provençal de ce parfum dans les pâtisseries.

L’histoire : Les chichi frégis sont vendus à L’Estaque depuis au moins 150 ans. L’origine est disputée mais la tradition ne l’est pas — c’est véritablement une spécialité locale qui n’a pas été exportée ni reproduite ailleurs en France de façon significative.

Comment y aller : Bus 35 depuis le Vieux-Port (Quai des Belges) jusqu’à L’Estaque, environ 20 minutes. Le port est au bas de la colline depuis l’arrêt de bus — descendre à pied.

Quand y aller : Disponibles toute l’année, le plus associés aux après-midis et soirées de week-end d’été quand L’Estaque accueille des familles marseillaises en demi-journée. Les visites en semaine sont plus calmes et les étals fonctionnent quand même.

Prix : 2 à 5 € la portion. Mangez immédiatement — ils ne s’améliorent pas en refroidissant.

Calissons : le cadeau d’Aix-en-Provence à la région

Les calissons sont la confiserie d’Aix-en-Provence plutôt que de Marseille, mais ils sont disponibles dans toute la région et sont étroitement associés à la tradition confiserie provençale qui produit aussi les navettes.

Ce qu’ils sont : Des douceurs en forme de losange faites d’une pâte d’amandes moulues et de melon provençal confit, glacées d’une fine couche de glaçage royal. La texture est douce et rappelle le massepain, avec une saveur principalement d’amande avec une douceur florale de melon et de délicates notes d’orange ou d’amande amère selon le producteur.

L’histoire : Les calissons sont documentés à Aix depuis le XVe siècle. L’histoire officielle retrace leur introduction au banquet de mariage du Roi René de Provence et Jeanne de Laval en 1454, bien que les preuves documentaires soient plus complexes. Ce qui est certain, c’est que les calissons sont un produit signature d’Aix depuis au moins 500 ans.

La bénédiction des calissons : Chaque septembre, la Bénédiction des Calissons à l’Église de la Madeleine à Aix bénit la production de l’année. C’est l’une des traditions culinaires les plus inhabituelles de France.

Où acheter à Marseille : Les meilleurs calissons viennent des producteurs spécialisés d’Aix — Roy René et la Confiserie Brémond Père et Fils sont les noms de référence. À Marseille, les calissons sont disponibles dans les bonnes confiseries et dans certains étals de marché, bien que la qualité soit moins constante qu’en achetant directement à Aix. Le trajet en train de 40 minutes vers Aix rend les achats à la source pratiques.

Prix : 1,50 à 3 € le calisson ; boîtes à partir de 15 à 30 € pour 12 à 24 pièces.

Panissons : biscuits sucrés aux pois chiches

Les panissons sont des biscuits sucrés faits à partir de la même base de farine de pois chiche que les panisses (les beignets de pois chiche salés) — un de ces cas dans la cuisine du sud de la France où le même ingrédient traverse la frontière sucré/salé. Les panissons sont généralement parfumés à la fleur d’oranger ou à l’anis, séchés plutôt que frits, et ont une texture légèrement friable.

Où les trouver : Moins omniprésents que les navettes, les panissons sont disponibles dans certaines boutiques alimentaires spécialisées de Marseille et dans les marchés de l’intérieur provençal (Aix, Arles). Ils ne sont pas toujours clairement étiquetés — demandez spécifiquement.

Ce qu’ils goûtent : Secs, légèrement sucrés, avec la base de pois chiche donnant une légère note de noisette. Le parfum à la fleur d’oranger ou à l’anis les relie à la plus large tradition de confiserie provençale.

Suce-miel

Les suce-miel (littéralement « suce miel ») sont de petits bonbons durs faits à partir du miel de Provence — typiquement du miel de lavande du Luberon ou du plateau de Valensole. Le format est simple : du miel pur porté au cassé dur et façonné en petits coussins ou bâtons.

Où les trouver : Chez les producteurs de miel du Luberon et des secteurs de Valensole, aux marchés d’Aix, et dans les boutiques alimentaires spécialisées de Marseille qui stockent des produits provençaux. Le marché bio du Cours Julien (mercredi matin) a parfois des producteurs de miel qui offrent des suce-miel aux côtés de leur miel brut.

Ce qu’il faut chercher : Les meilleurs suce-miel utilisent du miel de lavande, qui donne une douceur florale et légèrement aromatique différente des bonbons génériques. Évitez tout ce qui contient des arômes artificiels ajoutés — le vrai miel de lavande de Provence n’a besoin de rien d’ajouté.

Nougat de Montélimar : adjacent à la tradition

Le nougat de Montélimar (environ 2,5 heures au nord de Marseille sur le couloir du Rhône) est techniquement en dehors du canon de confiserie Marseille-Provence mais est si omniprésent dans la culture alimentaire de la région — vendu dans chaque station-service et étal de marché — qu’il mérite mention.

Ce que c’est : Une confiserie moelleuse de miel, blancs d’œufs, sucre et amandes (Montélimar a des règles AOC strictes sur la teneur en amandes — minimum 30 % pour l’article authentique). La texture va du mou (facilement mordu) au dur (qui nécessite des efforts). La saveur d’amande est dominante, avec le miel qui apporte douceur et profondeur florale.

Que acheter : Le meilleur nougat de Montélimar vient des producteurs artisanaux de la ville elle-même — Chabert et Guillot et André Boyer sont les noms de référence historiques. À Marseille, les versions de supermarché sont convenables. Évitez le nougat dont la liste d’ingrédients inclut autre chose que des amandes, du miel, des blancs d’œufs et du sucre.

Guide pratique d’achat

Four des Navettes : 136 Rue Sainte, 7e arrondissement. Ouvert tous les jours. La navette originale ; aucune alternative sérieuse n’existe à Marseille.

Chichi frégis à L’Estaque : Bus 35 depuis le Vieux-Port. Étals sur le front de mer.

Calissons : Mieux achetés à Aix chez Roy René ou Brémond Père et Fils. Disponibles à Marseille dans les boutiques spécialisées ; la qualité est moins constante.

Trouvailles de marché : Le marché bio du Cours Julien (mercredi), le marché de Noailles (lun.–sam.) et le Marché de la Plaine (mar., mer., jeu., sam.) ont tous des vendeurs qui vendent miel, biscuits artisanaux et douceurs régionales à de meilleurs prix que les boutiques touristiques.

Ce qu’il faut éviter : Les sachets de lavande et produits « artisanaux » dans les boutiques des zones touristiques qui sont fabriqués en masse ailleurs et reconditionnés pour les touristes. L’étiquette savon de Marseille sur du savon est particulièrement abusée — le vrai savon (fait avec au moins 72 % d’huile d’olive, marqué avec le cube et le poids) est différent des barres décoratives colorées faites d’huile de palme ou d’ingrédients synthétiques qui dominent les boutiques touristiques. Le même scepticisme s’applique aux produits alimentaires étiquetés « de Provence » ou « de Marseille » sans informations spécifiques sur le producteur. Pour le savon de Marseille spécifiquement, voir notre guide des achats.

Voir aussi le guide des marchés pour où acheter des produits alimentaires régionaux, et le guide de la street food pour le côté salé de la même tradition (panisses, chichi frégis en snack de rue).

Ce qu’il faut rapporter : le guide du souvenir comestible

Les produits alimentaires de Marseille sont parmi les plus transportables de France — denrées sèches, produits conservés et biscuits qui voyagent bien mieux que les pâtisseries ou les aliments frais. Une sélection réfléchie dans les marchés et les boutiques spécialisées produit une collection plus intéressante et plus représentative que le défaut de la boutique touristique.

Meilleurs souvenirs comestibles rapport qualité-prix :

  • Navettes (Four des Navettes, 8 à 15 € la boîte) : Le choix emblématique. Assez sèches pour survivre dans un sac pendant deux semaines.
  • Tapenade (marché Noailles, 4 à 8 € le bocal) : La tapenade d’olives en bocal d’un vendeur de marché se conserve des mois. Cherchez des bocaux avec des ingrédients minimaux : olives, câpres, huile d’olive, éventuellement anchois.
  • Herbes de Provence (en vrac, d’un étal du marché Noailles ou Cours Julien, 3 à 6 € pour un généreux sachet) : Infiniment meilleures que les sachets de supermarché. Thym, romarin, sarriette, laurier et fenouil — le vrai mélange provençal.
  • Pastis (Henri Bardouin ou Ricard, 18 à 35 € pour 70 cl) : L’alcool marseillais, disponible dans les caves à vin et supermarchés, à des prix nettement inférieurs aux marchés à l’export.
  • Calissons d’Aix (Roy René, 15 à 30 € la boîte) : Le souvenir de confiserie le plus élégant de la région.

Ce qu’il faut éviter dans les boutiques touristiques : Les produits étiquetés « artisanal de Provence » ou « fabriqué à Marseille » qui sont produits en quantités industrielles ailleurs et reconditionnés pour les touristes. Les sachets de lavande, les barres de savon décoratives faites d’huile de palme plutôt que d’huile d’olive, et les mélanges d’épices « Provence » génériques sont les contrevenants les plus courants. Les vrais produits provençaux ont un nom et une adresse de producteur spécifiques sur l’étiquette.

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